lundi 8 mai 2017

LETTRE OUVERTE À MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE le 9 mai 2017






Le 9/05/2017

Monsieur le Président de la République,

Je m’appelle Muriel Salmona, je suis psychiatre, présidente de l’association Mémoire   Traumatique et Victimologie, association de recherche, de formation et d’information sur les psychotraumatismes qui lutte contre toutes les formes de violences. Je me bats depuis de nombreuses années pour que les droits des victimes soient respectés, pour qu’elles soient protégées, accompagnées et qu’elles aient accès à des soins spécialisés. J’ai été de nombreuses fois auditionnée dans le cadre des plans de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, et de la prise en charge des victimes, y compris celles des attentats.

Comme vous vous réclamez du libéralisme égalitaire, vous inspirant de philosophes tels que John Rawls et Armatya Sen, j’ai l’espoir que vous prendrez en considération l’urgence humaine et sociale de lutter contre les violences faites aux enfants, lutte pour laquelle j’ai élaboré 10 recommandations dans le Manifeste Stop aux Violences faites aux Enfants (http://manifestestopvfe.blogspot.fr/) signé par 25 associations et de nombreuses personnalités, et dont la pétition de soutien a recueilli plus de 27 000 signatures.

L'exposition précoce à la violence a été reconnue par la communauté scientifique internationale et l’Organisation Mondiale de la Santé comme un problème majeur de santé publique, étant la principale cause de mortalité précoce et de morbidité à l’âge adulte. Elle est également reconnue comme une usine à fabriquer des inégalités, de la précarité, des handicaps et de nouvelles violences.

C’est pour les filles le premier facteur de risque de subir des violences conjugales et sexuelles à l’âge adulte. C’est pour les garçons le premier facteur de risque d’exercer des violences à l’âge adulte (OMS, 2010 ; Fulu, 2017).

La violence s'exerce avant tout sur les personnes en situation d'inégalités et de discriminations (enfants, femmes, personnes handicapées, racisées, etc.), et elle aggrave les inégalités et les disciminations. Elle est un facteur majeur d'injustice sociale.

Le cerveau des enfants est très vulnérable aux violences et au stress extrême. Destructrices et traumatisantes, les violences ont de très lourdes répercussions sur la vie, le développement, le comportement, la scolarité et la santé des enfants, entraînant des atteintes physiques, psychiques et neurologiques, endocriniennes et immunitaires, avec pour conséquence une perte considérable de leurs capacités à se développer et à se réaliser comme ils auraient souhaité le faire. Ces conséquences  ont un impact qui se prolonge tout au long de leur vie.

Dans le monde, un enfant sur quatre a subi des violences physiques, une fille sur cinq et un garçon sur treize des violences sexuelles, un enfant sur trois des violences psychologiques (Enquête Hillis citée par l’OMS 2016).

En France, nous avons très peu de chiffres et pas encore d’enquête de victimation directe auprès des enfants. Cependant, à partir de d’enquêtes faites auprès d’adultes qui rapportent les violences subies dans leur enfance, on peut estimer que chaque année plus de 150 000 enfants subissent des maltraitances physiques, 124 000 filles et 30 000 garçons subissent des viols ou des tentatives de viols (CSF 2008, CVS-ONDRP 2012-2015), 140 000 enfants sont exposés à des violences conjugales (CVS-ONDRP 2012-2015), et plus de 300 enfants sont tués (Turz, 2010).

Or, la très grande majorité des enfants victimes de violences ne sont jamais protégés, ni reconnus. Ils n’ont que rarement accès à la justice et à des réparations. Leurs traumatismes psychiques ne sont presque jamais pris en charge, les professionnels de la santé ne sont que trop rarement formés à cette problématique, et l’offre de soin est très insuffisante sur tout le territoire, se réduisant à quelques rares centres de soins spécialisés en psychotraumatologie.

Pour ces enfants, cette absence de protection et de prise en charge spécialisées est une lourde perte de chance en terme de santé et d’intégration sociale tout au long de leur vie. Elle entraîne de très importantes souffrances, et elle les condamne à survivre en mettant en place des stratégies de survie coûteuses, aliénantes, handicapantes et sources d’inégalités ; elle restreint gravement leur liberté et leur possibilités de construire leurs projets de vie.

Cette perte de chance est d’autant plus scandaleuse que les soins sont efficaces et libérateurs, ils permettent d’éviter la répétition des violences et la plupart des conséquences à long terme (les atteintes neurologiques se réparent).

Avoir subi des violences dans l’enfance, comme l’ont démontré de grandes études épidémiologiques internationales sur les ACE (Adverse Childhood Experiences) depuis 1998 (Felitti et Anda, 1998, 2010, Hillis, 2016, Brown, 2009, Fulu, 2017) :
- est la principale cause de décès précoce à l’âge adulte,
- est le déterminant principal de la santé 50 ans après,
- et peut faire perdre 20 ans d’espérance de vie.


C’est également le principal risque, tout au long de sa vie :
- de faire des tentatives de suicides,
- d’être alcoolique, toxicomane, tabagique,
- d’être obèse,
- d’avoir des comportements à risque,
- de faire des dépressions,
- de se retrouver en situation de précarité, et de marginalisation,
- et de subir de nouvelles violences ou d’en commettre, comme nous l’avons vu.


Ces risques sont gradués en fonction de la gravité des violences et de leur nombre. De très forts liens sont également retrouvés avec de nombreuses maladies organiques : cardio-vasculaires, auto-immunes, etc.

Ces effets destructeurs des violences ne sont pas une fatalité, protéger et soigner ces enfants victimes leur permet de recouvrer une bonne santé et une égalité de chance. Et, il n’est jamais trop tard pour prendre en charge les conséquences psychotraumatiques de ces violences, les adultes victimes dans leur enfance doivent pouvoir accéder à des soins spécialisés quel que soit leur âge. 

Protéger et soigner les enfants victimes de violences c’est lutter contre toutes les formes de violences et de délinquances (violences conjugales, sexuelles, au travail, terrorisme, etc.), mais également contre les inégalités et les injustices sociales.

Le premier plan de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux enfants lancé le 2 mars 2017, est un premier pas, mais il nécessite d’être encore bien plus ambitieux et soutenu par une volonté politique forte et par l’octroi d’un budget à la hauteur de la gravité et l’urgence de l’enjeu.

Je vous remercie beaucoup de l’attention que vous voudrez bien porter à cette lettre, et j’espère que vous serez sensible à ces arguments, je suis à votre disposition pour vous donner toutes les informations complémentaires que vous souhaiterez.

Je vous prie de bien vouloir agréer monsieur le Président de la République l’expression de mon profond respect et de ma très haute considération.


Docteure Muriel Salmona
Psychiatre, psychotraumatologue,
Présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie,
drmsalmona@gmail.com

mercredi 26 avril 2017

Conférences pour les 20 ans de l'association Sortir du Silence les 27 et 28 aril à Cherbourg avec la Dre Muriel Salmona




Pour les 20 ans 
de l'association Sortir du Silence


L’association Sortir du Silence accompagne des personnes confrontées aux violences sexuelles.






Avec les interventions de :
la Dre Muriel Salmona
la Dre Emmanuelle Piet
Isabelle Thieuleux avocate
Valérie Gohel 
Nathalie Lefevre art-thérapeute
et des témoignages et des expositions

Pour les 20 ans de l'association Sortir du Silence

Muriel SALMONA, 
Psychiatre - Psychothérapeute, chercheuse et Formatrice en psychotraumatologie et en victimologie, Présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie
présentera

le 27 avril 2017 

Les conséquences sur la santé


de 11h à 12h15 

Les soins à apporter aux victimes 

de 14h à 16h

17h30 séance de dédicaces

et le 28 avril 2017

l'accompagnement des mineur-e-s auteur-e-s d’agressions à caractère sexuel dans le cadre de mesures pénales

avec Valérie Gohel

de 13h30 à 15h30







dimanche 16 avril 2017

PLAN INTERMINISTÉRIEL DE MOBILISATION ET DE LUTTE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX ENFANTS 2017 – 2019


PLAN INTERMINISTÉRIEL DE MOBILISATION ET DE LUTTE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX ENFANTS 2017 – 2019

POUR LIRE LE TEXTE INTÉGRAL DU PLAN 




Le plan propose des actions visant à sensibiliser, responsabiliser et mobiliser chaque citoyen en matière de prévention et de repérage des violences.

Nous saluons ce premier plan pour lequel nous avons été auditionné et qui propose de nombreuses mesures et actions que nous réclamions depuis longtemps et que nous avions regroupées dans les 10 points de notre 

à consulter ICI

En particulier, une grande première, avec la prise en compte de la gravité de l'impact psychotraumatique des violences sur la santé mentale et physique des enfants à long terme, et la nécessité d'en améliorer la prise en charge (formation des professionnels à la détection, à la protection (signalement, 119), à l'impact des violences conjugales sur les enfants, et à la prise en charge et aux soins des conséquences psychotraumatiques, mise en place de médecins référents dans les hôpitaux, développement de soins pluridisciplinaires spécialisés et gratuit, prise en charge sécu à 100% ), mais nous regrettons qu'il ne soit pas question de la création de centre de soins dédiés accessibles sur tout le territoire, ni de la formation systématique en initiale et en continue de tous les professionnels de la santé comme le nécessiterait ce problème majeur et urgent de santé publique) ; la promotion d'une éducation sans violence (nous aurions souhaité que soient nommés les châtiments corporels et bien spécifiés leur interdiction) ; la reconnaissance de l'urgence d'avoir des chiffres fiables sur les homicides d'enfants, de faire des campagnes de prévention sur les bébés secoués, sur les violences sexuelles, sur l'exposition à la pornographie, sur la violence éducative, et de mais nous regrettons qu'il ne soit pas question d'enquête de victimation directe ni de dépistage systématique auprès des enfants ; nous saluons également le développement de la prise en charge hospitalière immédiate des enfants lors de meurtres intra-familiaux, et le développement des unités d'assistance à l'audition des enfants victimes de violences, ainsi que de la formation au recueil de la parole de l'enfant. Il est à noter que le premier plan intègre les travaux de la mission de consensus sur les délais de prescription.

Il manque la promotion et l'application réelle des droits internationaux des enfants (CIDE), la mise en place d'une réelle prise en compte de la parole des enfants et une réelle protection des enfants (intérêt supérieur de l'intégrité et des droits de l'enfant) et un réel accès à des soins spécialisés tout long des procédures judiciaires avec l'assistance d'avocats et de psychologues et de pédopsychiatres formés, la protection spécifique contre les violences (dont celles institutionnelles) des enfants les plus vulnérables et discriminés qui sont les plus exposés : enfants handicapés, malades, placés, mineurs étrangers isolés, sans domicile fixe,…, l'aménagement de la scolarité et des aides sociales en cas de violences).

Il manque une réforme de la définition pénale du viol qui doit intégrer la notion d'invalidation du consentement  pour les mineurs de 15 ans et quand il s'agit d'inceste, ainsi, et l'intégration par la loi des conséquences psychotraumatiques pour évaluer la notion de contrainte morale, le comportement des victimes et leurs préjudices (avec une formation obligatoire des experts, des magistrats, PJJ, des auxilaires de la justice, des éducateurs, des familles d'accueil, des policiers et des gendarmes à la psychotraumatologie). Et la protection effective des parents et des professionnels qui signalent des violences commises sur des enfants, et la lutte contre les théories anti-victimaires telles que le SAP (syndrome d'aliénation parentale).

Et la liste n'est pas exhaustive…

LE PLAN

AXE 1 – Améliorer la connaissance et comprendre les mécanismes des violences
Recensement annuel des statistiques du nombre d’enfants morts par violences intra-familiales, systématisation des examens post-mortem en cas de mort inattendue du nourrisson, travail d’analyse systématique en cas de mort d’enfant, améliorer les connaissances sur l’inceste
Mesure 1 Organiser annuellement le recensement statistique et la publication du nombre d’enfants morts à la suite de violences intrafamiliales 
Mesure 2 Favoriser la systématisation des examens post-mortem en cas de mort inattendue des nourrissons 
Mesure 3 – Renforcer les connaissances sur l’inceste


Mesure 4 Identifier par une inspection conjointe les fonctionnements respectifs des différentes institutions concernées, lors de morts violentes d’enfants au sein de la famille 

Mesure 5 – Confier aux ODPE un travail d’analyse systématique des conditions ayant conduit à la mort d’un enfant 


AXE 2 – Sensibiliser et prévenir

Promouvoir une éducation sans violence, prévention exposition à la pornographie, campagnes d’infos, outils sur les violences sexuelles, sensibilisation au syndrome du bébé secoué

Mesure 6 Promouvoir une éducation sans violence et soutenir les familles dans l’exercice de leur parentalité

Mesure 7 – Prévenir l’exposition des mineur.e.s à la pornographie


Mesure 8 – Sensibiliser l’opinion publique par des campagnes d'information sur les violences faites aux enfants 

Mesure 9 Diffuser des outils sur les violences sexuelles à destination des parents et des enfants 

Mesure 10 Sensibiliser les parents et les professionnel.le.s au syndrome du bébé secoué  

AXE 3 – Former pour mieux repérer
Médecins référents dans tous les hôpitaux, formation à la détection, à l’impact des violences conjugales sur les enfants, renforcer les liens entre 119 et 39-19

Mesure 11 Mise en place, dans tous les hôpitaux, de médecins référents sur les violences faites aux enfants.

Mesure 12 Mobiliser les professionnel.le.s, en contact avec les enfants, en les formant à la détection et aux conduites à tenir face aux violences faites aux enfants  

Mesure 13 Former les professionnel.le.s à l'impact des violences au sein du couple sur les enfants

Mesure 14 Renforcer les liens entre le 119 et 3919 

AXE 4 – Accompagner les enfants victimes de violences
 Formation au recueil de la parole de l’enfant, soins pris en charge à 100%, soins spécifiques des psychtraumas, prise en charge immédiate

Mesure 15 – Renforcer la prise en compte des victimes d’inceste et de violences sexuelles durant l’enfance dans le réseau de téléphonie sanitaire et sociale

Mesure 16 – Favoriser le développement des unités d’Assistance à l’audition de l’enfant victime de violences

Mesure 17 – Développer les formations au recueil de la parole de l’enfant  


Mesure 18 Informer sur la prise en charge à 100 % des frais médicaux des victimes de violences sexuelles dans l’enfance 

Mesure 19 Repenser une prise en charge des soins spécifiques aux psycho- traumatismes liés aux violences intrafamiliales subies pendant l'enfance 

Mesure 20 Développer une prise en charge hospitalière immédiate des enfants lors de meurtres intrafamiliaux au domicile familial


Mesure 21 Rendre publiques les conclusions de la mission de consensus relative aux délais de prescription des crimes sexuels commis durant l’enfance


Pilotage du plan

Mesure 22 Piloter le suivi du plan

Mesure 23 – Evaluer la mise en œuvre du présent plan  






FICHE REPÈRE : 


Que faire lorsque vous êtes confronté à la maltraitance d’un enfant ?





Les violences faites aux enfants sont l’affaire de tous. Chacun d’entre nous a le pouvoir et le devoir de signaler un enfant en dangerQue vous soyez majeur ou mineur, plusieurs solutions sont à votre disposition.


Quelques rappels importants 

• Mieux vaut signaler les soupçons que vous pouvez avoir sur la sécurité physique et morale d’un enfant, au risque de vous tromper, plutôt que de laisser un enfant en souffrance.

• Quand il s’agit d’un.e mineur.e, la loi vous protège, vous ne pouvez pas être poursuivi pour dénonciation calomnieuse, sauf s’il est établi une volonté manifeste de diffamation à l’encontre du présumé auteur.

• Il est toujours possible de conserver son anonymat lorsque vous signalez des faits de maltraitance sur enfant


Que faire lorsque vous êtes confronté à la maltraitance d’un enfant ?

En cas d’urgence absolue et immédiate : vous êtes témoins de violences, de cris, de coups.

  • Faites le 17, appelez la police 

Vous avez des soupçons ou avez constaté des maltraitances sur un enfant de votre entourage, 4 solutions :

  • Appelez le 119: numéro d’appel national de l’enfance en danger. Ouvert 24h/24, 7/7, gratuit, n’apparait pas sur la facture téléphonique, l’appel peut être anonyme.

  • Adressez un courrier à la Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes (CRIP) de votre département, les services de protection de l’enfance pourront alors mener une enquête afin de déterminer les conditions de vie de cet enfant.

  • Il est également possible d’effectuer un signalement écrit directement au Procureur de la République qui se trouve au Tribunal de Grande Instance (TGI) du domicile de l’enfant.

  • Contactez une association de défense des enfants victimes de maltraitances.

Rappel à l’attention des professionnels de santé (médecin, infirmière, etc)

La loi du 5 novembre 2015 met l’ensemble des professionnels de santé (et non plus uniquement les médecins) à l’abri de toute poursuite pénale pour violation du secret professionnel, sauf s’il est établi qu’ils n’ont pas agi de bonne foi.

Par ailleurs, depuis la loi du 14 mars 2016, un médecin référent est à la disposition des professionnels, afin de les conseiller sur la marche à suivre, dans chaque département. N’hésitez pas à vous renseigner auprès du conseil départemental.



lundi 10 avril 2017

RAPPORT DE LA MISSION DE CONSENSUS SUR LE DÉLAI DE PRESCRIPTION APPLICABLE AUX CRIMES SEXUELS COMMIS SUR LES MINEUR-E-S


MISSION DE CONSENSUS SUR LE DÉLAI DE PRESCRIPTION APPLICABLE AUX CRIMES SEXUELS COMMIS SUR LES MINEUR-E-S



Rapport téléchargeable ICI





Remise le 10 avril 2017 à Mme la ministre de la Famille, de l'Enfance et des Droits des femmes Laurence Rossignol, du rapport de la mission de consensus sur les délais de prescription des crimes sexuels co-dirigée par Flavie Flamen et le juge Calmettes pour la quelle j'ai été auditionnée avec une patiente victime et plusieurs autres témoignages écrits.

Le rapport reconnaît la grande difficulté pour les victimes de violences sexuelles dans l'enfance de parler et de faire valoir leurs droits dans le cadre des délais actuels, particulièrement en raison de leurs troubles psychotraumatiques et de la fréquence des amnésies traumatiques. Elle préconise donc un allongement des délais de prescription des crimes sexuels commis sur des mineurs et des délits sexuels commis sur des mineurs avec circonstances aggravantes de 20 à 30 ans après la majorité, et une meilleure prise en charge des victimes (information, formation, dépistage, recueil de la parole, rôle des associations, accompagnement psychologique, médecins référents violence dans les services hospitalier, soins) et fait important l'imprescriptibilité n'est pas exclue (il n'y a pas d'obstacle juridique à l'imprescriptibilité, et elle peut être un outil de prévention selon le rapport)

C'est une avancée à saluer, et nous continuons à réclamer l'imprescriptibilité des crimes sexuels. 

MANIFESTE à lire http://manifesteimprescriptibilite.blogspot.fr/
PÉITION à signer http://www.mesopinions.com/…/imprescriptibilite-crime…/25896




De plus nous demandons que la loi reconnaisse qu'un mineur de 15 ne peut pas consentir un acte sexuel, et que l'amnésie traumatique soit reconnue comme un obstacle insurmontable médical empêchant l'action publique  : un nouvel article l'article 9-3 sur la suspension de prescription pour tout obstacle de droit et de fait insurmontable rendant impossible l'action publique pourrait permettre une suspension de la prescription en cas d'amnésie traumatique de dissociation ou de psychotrauma grave, il faudra obtenir une jurisprudence.



























Lettre ouverte de l'association de victimes du terrorisme Life for Paris et de ses partenaires professionnels de l'aide aux victimes aux candidats à l’élection présidentielle 2017







Lettre ouverte de l'association de victimes du terrorisme Life for Paris et de ses partenaires professionnels de l'aide aux victimes aux candidats à l’élection présidentielle 2017

Paris, le 10 avril 2017

Mesdames et Messieurs les candidats à l'élection présidentielle,
En 2015 et 2016, le terrorisme a durement frappé la France, l'Europe et de nombreux citoyens français dans le monde. Ces attentats ont marqué un tournant en matière de terrorisme dans notre pays : la violence est aujourd'hui de grande ampleur et les victimes du terrorisme nombreuses sur le sol français sans oublier les Français à l’étranger.
Aujourd’hui, aucun responsable politique n’est en mesure de garantir que de nouveaux attentats ne se produiront pas. Aussi, l’État doit être prêt à réparer les conséquences causées sur les adultes et les enfants par les attentats passés et malheureusement futurs.
L'un des premiers engagements que vous pouvez prendre aujourd'hui auprès des personnes ayant été victimes le 13 novembre, serait celui de n'oublier aucune souffrance.
Trop souvent, l'ensemble des victimes du 13 novembre est réduit au seul Bataclan, ce qui a pour effet, au quotidien, de mettre de côté de trop nombreuses personnes, de grandes souffrances physiques et psychologiques, qui deviennent un peu plus invisibles chaque jour, renforçant l'isolement et l'incapacité à avancer.
Les victimes des terrasses, du Stade de France, mais aussi de Charlie Hebdo, de l'Hyper Cacher, de Nice, de Bruxelles, de Sousse, de Londres et tant d'autres, tous ces français blessés dans leur chair et leur être ne doivent pas être oubliés par les hommes et femmes politiques qui les représentent en tant que citoyens.
Cette reconstruction de chacun des blessés physiques et psychiques est un travail quotidien qui s'inscrit dans le temps. Un temps long et différent du temps politique, c'est l'histoire de toute une vie à reconstruire qui s'écrit.
Ne pas se préoccuper des victimes aujourd'hui est la garantie de problèmes de santé publique et de difficultés sociales majeures à l'avenir. Les troubles de stress post-traumatique dont souffrent les victimes et leurs familles sont comparables à ceux dont souffrent des militaires revenant du front. Notre association souhaite donc s'assurer que les victimes dans leur diversité, victimes que nous représentons, ne seront pas les oubliées du futur gouvernement français.
Les contraintes budgétaires ne sauraient nous être opposées. Aussi, vous engagez-vous à assurer le financement du Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions, afin qu’il puisse indemniser tous les préjudices y compris les préjudices d’angoisse de mort et d’attente des victimes directes et indirectes ?
Une victime en souffrance, non reconnue dans son traumatisme et dans l'attention qu'elle nécessite, fragilisera sa santé. Elle risque une incapacité de travail, un chômage de longue durée et une désocialisation importante. Pour les enfants, le risque est que tous les domaines de leur développement soient entravés (affectif, intellectuel, social). La santé physique comme psychologique de nombreuses victimes est encore précaire aujourd’hui.
Pouvez-vous garantir que l’assurance maladie ou les services de santé aux armées prendront en charge à vie les soins liés aux attentats ?
Nous demandons aujourd'hui l'assurance du suivi du travail initié par Madame Juliette Méadel, Secrétaire d'État chargée de l'Aide aux victimes. Elle a pérennisé son action par la création d’un Secrétariat Général à l’Aide aux Victimes dirigé par Christian Gravel. Nous souhaitons continuer avec lui le travail engagé sur le long terme, son budget doit donc être assuré et il doit bénéficier de davantage de moyens.
Par ailleurs, de nombreux dispositifs ont été mobilisés suite aux attentats récents. Garantir l’aide aux victimes passe aussi par le renforcement de ces aides (08 Victimes, CUMP, etc.) à la prise en charge de toutes les victimes.
Enfin, le terrorisme est aujourd’hui une problématique internationale. Nous demandons donc votre soutien sur le travail européen et international qui reste à mener, notamment sur l'harmonisation de la coopération internationale en faveur des victimes via les représentations de l'État à l'étranger. Si le terrorisme n'a aujourd'hui pas de frontières, l'aide aux victimes ne doit pas en avoir non plus. Nous savons que la solidarité internationale reste la meilleure réponse à offrir à ceux qui cherchent à nous diviser.
Une nation qui sait s'occuper de ses victimes est une nation qui n'hypothèque pas l'avenir, et elle participe à la réponse qu’une démocratie doit apporter face au terrorisme. Quels que soient les moyens engagés dans la lutte contre les causes du terrorisme, la France a un devoir d'excellence dans la réparation de ses citoyens touchés.
Nous sollicitons donc votre attention, comme candidats à l’élection présidentielle, sur ces enjeux.
Acceptez-vous d'être le garant du soutien de l'État dans l'accompagnement de ces victimes ?
Quels engagements concrets pouvez-vous prendre pour l’amélioration de l’aide aux victimes ?
Notre avenir et celui de beaucoup de citoyens dépendent désormais de vous.
Très sincèrement,

Les signataires

Life for Paris, Association de victimes des attentats du 13 novembre 2015
France Victimes, Fédération Nationale d'Aide aux Victimes et de Médiation
Pr Florence Askenazy, Université de Nice Sophia Antipolis, Hôpitaux pédiatriques de Nice CHU Lenval
Thierry Baubet, Pr de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (Univ Paris 13), responsable CUMP 93 (APHP)
Francis Eustache, Directeur d’études à l’EPHE
Dr Lionel Gibert, Chef de clinique à l’Hôpital Paul Brousse, Service d'addictologie
Denis Peschanski, Directeur de recherche au CNRS
Françoise Rudetzki, Membre du Conseil économique social et environnemental (CESE)
Muriel Salmona, Psychiatre, Présidente de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie